Préservation du capital naturel du Bassin de la Volta : Décideurs, Experts et médias des Etats membres s’unissent à Abidjan pour sauver un patrimoine vital

ABIDJAN – Du 22 au 27 juin 2026, la ville d’Abidjan a été le centre névralgique des processus décisionnels pour le développement durable du bassin de la Volta. Des Experts des six États membres de l’Autorité du Bassin de la Volta (ABV) – le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Mali et le Togo – se sont réunis à l’hôtel les Terrasses de Bonoumin pour une série de rencontres stratégiques visant à inverser la dégradation des écosystèmes et des eaux de ce bassin partagé.

Ces travaux de grande envergure s’inscrivent dans le cadre du projet régional REWarD-Volta River, financé par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) et mis en œuvre par l’ABV et le Partenariat Mondial de l’Eau en Afrique de l’Ouest (GWP-AO), en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).

Un engagement politique fort face à l’urgence climatique

La cérémonie d’ouverture de ces assises a été présidée par Madame Zouzou Épouse Mailly Elvire-Joëlle, Directrice de Cabinet, représentant le Ministre des Eaux et Forêts, Ministre de tutelle-ABV en Côte d’Ivoire, Monsieur Jacques Assahoré Konan. Dans son intervention, elle a rappelé avec force que la gestion durable du Bassin de la Volta dépasse largement le cadre de l’eau ou de l’environnement ; elle touche directement la sécurité alimentaire, la sécurité hydrique, la stabilité sociale et l’intégration régionale. « Le bassin de la Volta est bien plus qu’un espace géographique. Il constitue un patrimoine stratégique commun, un facteur de stabilité régionale, un levier de développement économique et un instrument de solidarité entre nos peuples. » a-t-elle déclaré.

Pour finir, elle a réaffirmé l’engagement de l’Etat de Côte d’ivoire a accompagner les actions de préservation de cet espace fluvial hautement important.

Le Bassin de la Volta représente en effet un enjeu colossal :

  • Il s’étend sur environ 400 000 km2.
  • Il soutient la vie et les moyens de subsistance de plus de 35 millions de personnes.
  • Il est aujourd’hui gravement menacé par les effets du changement climatique, la pollution, la pression démographique et la dégradation de la biodiversité.

Le Directeur Exécutif Adjoint de l’ABV, Dr Dibi Millogo, a souligné que face à ces menaces, les politiques publiques et les solutions techniques sont indispensables, mais qu’aucun changement durable n’est possible sans l’adhésion des populations.

Le 5ème Forum des Parties Prenantes : De la science à l’action

Au cœur de cette semaine d’activités, le 5ème Forum des Parties Prenantes du bassin de la Volta (FPP5), couplé à l’atelier régional de validation politique, s’est tenu du 23 au 25 juin 2026. Cette rencontre a réuni une cinquantaine d’Experts représentant les structures Focales Nationales (SFN), les Partenaires Techniques, les usagers de l’eau, la société civile, les Hommes et Femmes de médias, etc.

L’objectif majeur était de s’approprier les résultats de la mission portant évaluation du capital environnemental et des services écosystémiques du bassin. Comme l’a rappelé le Dr Amadou Lamine Ndiaye, Secrétaire Exécutif du GWP-AO, ces résultats scientifiques doivent désormais guider les politiques publiques, les investissements et la coopération régionale.

À l’issue du Forum, des recommandations fortes ont été adoptées, incitant notamment les Ministères en charge des ressources en eau à :

  • Intégrer les services écosystémiques dans les politiques et plans de développement nationaux et régionaux.
  • Inscrire une ligne budgétaire annuelle nationale dédiée à la conservation et la restauration de ces services.
  • Soutenir l’élaboration du Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion de l’Eau (SDAGE) du bassin de la Volta.

De plus, les 26 et 27 juin ont permis de valider le document détaillé du projet régional « Gestion durable des eaux souterraines peu profondes dans le bassin de la Volta » (SuGroM-VB), préparant ainsi sa soumission aux partenaires financiers.

Les médias, de véritables acteurs du changement

Reconnaissant que la sensibilisation est très importante pour la résilience environnementale, l’ABV et le GWP-AO ont organisé, en parallèle, les 22, 26 et 27 juin 2026, un atelier régional dédié au renforcement des capacités de dix (10) professionnels des médias issus des six pays membres ABV.

Ces professionnels des médias ont été immergés dans les travaux du FPP5 afin de leur permettre d’avoir des informations de première main. L’atelier a abouti à des résultats concrets pour la communication institutionnelle :

  • Le Réseau des hommes et femmes des médias de l’ABV a été formellement relancé et structuré.
  • La journaliste ivoirienne Marcelle Akissi AKA a été désignée Présidente et Porte-parole du Réseau.
  • Un mécanisme de gouvernance rotative a été adopté, garantissant une représentation équitable des États membres.

Formés au journalisme environnemental, au storytelling et à l’investigation, ces journalistes se sont engagés à produire des contenus réguliers pour informer les citoyens et influencer positivement les décideurs.

En combinant la validation scientifique de haut niveau, l’engagement politique des États et la force de frappe des médias, ces journées abidjanaises marquent un tournant décisif. Les États membres de l’ABV ont réaffirmé leur volonté commune : bâtir un bassin plus résilient et plus inclusif pour les générations actuelles et futures.